Les bonnes associations, la rotation des cultures

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Une pratique qui consiste, au potager, à ne pas cultiver, sur une même parcelle, le même légume avant plusieurs années. Cette pratique repose sur deux points essentiels : les besoins des plantes et la prévention des maladies.

 Les besoins des plantes : Les plantes ont des « appétits » différents : certaines sont frugales comme l’ail, d’autres sont gourmandes comme le chou. Elles ne puisent pas non plus ni la même quantité ni les mêmes éléments nutritifs dans le sol. De surcroît, certaines plantes peuvent enrichir la terre, comme les fabacées (pois, haricots, fève…) qui fixent l’azote atmosphérique. La rotation des cultures permet donc de faire en sorte que les plantes potagères bénéficient toutes, en temps voulu, de la juste quantité d’éléments essentiels à leur croissance.

 La prévention des maladies et des ravageurs : De nombreux parasites et maladies sont inféodés à une espèce ou à une famille botanique (Hernie du chou, Mildiou des Composées, Mouche de la carotte…) et peuvent subsister en terre pendant plusieurs années. Ainsi, faire se succéder des plantes de familles botaniques différentes, permet d’enrayer le caractère chronique de ses maladies ou des attaques parasitaires.

 Les rotations, en pratique : Au jardin, les rotations s’opèrent suivant le type de légume (graines ->feuille -> racine -> fruit) tout en veillant à ne pas faire se suivre deux légumes de la même famille botanique, et en respectant les besoins des plantes en termes de fertilisation (des apports intercalaires sont possibles).

Exemples de rotations :

Parcelle A

1) Légumes graine : Pois (Fabacées)

2) Légume feuille : Laitues (Astéracées) suivi d’un apport modéré de compost

3) Légume racine : Pomme de terre (Solanacées) suivi d’un apport modéré de compost

4) Légume fruit : Concombre (Cucurbitacée)

Parcelle B

1) Légume racine : Betterave (Chénopodiacée) après un apport modéré de compost,

2) Légume fruit : Tomate (Solanacées)

3) Légume graine : Fève (Fabacée) suivi d’un apport important de compost

4) Légume feuille : Choux (Brassicacées)

A défaut d’organiser l’assolement de son potager plusieurs années à l’avance, il est important de conserver, pour chaque parcelle, une trace écrite de l’emplacement des légumes mais aussi des apports en matière organique, afin de faire se succéder les cultures de façon optimale. 

Notez que les plantes potagères vivaces (fraises, artichauts, asperges…) ne sont pas incluses dans les cycles de rotations. Néanmoins, lors du renouvellement des plantations, on respecte le principe des rotations en allongeant la durée jusqu’à 8, voire 10 ans.

Autre manière de faire la rotation des cultures !

Dès que l’on prononce le mot “rotation” au potager, les oreilles s’ouvrent et les fronts se plissent. C’est un sujet épineux qui fait suer de nombreux jardiniers amateurs. Il faut reconnaître que c’est un vrai casse-tête chinois et à la lecture de certains livres, on en viendrait presque à couper les haricots en quatre ! Il faut faire simple !!

La rotation des cultures, c’est quoi ?

C’est une planification des cultures qui veille à ne pas cultiver plusieurs fois de suite un même légume au même endroit du potager. Pour éviter un appauvrissement du sol et une augmentation des maladies et des ravageurs.

Autres exemples simplifiés. Pour pouvoir être appliquées, ces méthodes demandent de diviser la surface de culture en plusieurs parcelles de même taille.

Exemple 1 : rotation par type de légume :

La parcelle n° 1 reçoit les légumes-racines (betteraves, carottes, navets, radis…)
La parcelle n° 2 reçoit les légumes-fruits (aubergines, concombres, courgettes, tomates…)
La parcelle n° 3 reçoit les légumes feuilles (choux, épinards, poireaux, salades…) et les légumes-grains ou légumineuses (haricots, pois…).

 Et l’année d’après, on fait tourner : les légumes racines seront cultivés sur la parcelle n° 2, les légumes-fruits sur la n° 3 et les légumes-feuilles sur la n° 1.

Exemple 2 : rotation par famille botanique :

La parcelle n° 1 accueille les Liliacées (ail, oignon, échalote, poireau…)
La parcelle n°2 accueille les Solanacées (tomate, pommes de terre, aubergine…)
La parcelle n° 3 accueille les Fabacées (pois, haricot…)
La parcelle n° 4 accueille les Brassicacées (chou, radis, navet…)
La parcelle n° 5 accueille les Cucurbitacées (courgettes, concombres, potirons…).

 Nous en sommes déjà à 5 familles et je ne vous ai pas mis les Apiacées (carottes, persil) ni les Composées (laitues) !

Exemple 3 : rotation par besoin en fertilité du sol

La parcelle n° 1 contient les légumes gourmands (tomates, courges, épinards, choux…)
La parcelle n° 2 contient les bons-mangeurs (carotte, céleri, salade…)
La parcelle n° 3 contient les sobres (pois, haricot, oignon…).

 Dans cet exemple, un apport de fertilisant n’est fait que sur la parcelle contenant les légumes gourmands.

Comme vous pouvez le voir à travers ces exemples, cela demande une organisation extraordinaire pour réussir à appliquer ces principes de rotation, surtout quand on aime faire pousser une grande diversité de légumes.

Et cela ne tient même pas compte des associations favorables ou défavorables entre les légumes d’une parcelle donnée !

Qui doit appliquer la rotation des cultures ?

Plus le potager est petit et plus le nombre de légumes différents est grand, plus c’est difficile d’appliquer ces principes de rotation. Prenons par exemple un potager en carrés. Dans un carré composé de 9 cases, il va y avoir 9 légumes différents ! Et dans le carré d’à-côté, des légumes encore différents ! Or ce qui nous intéresse, les jardiniers d’aujourd’hui, c’est d’avoir du plaisir à cultiver notre petit coin de biodiversité chez nous. Nous aimons diversifier les légumes et expérimenter des variétés inhabituelles, même si cela se fait parfois au détriment de la productivité.

Alors dans un petit potager, que faire ?

Déjà, il faut savoir qu’un sol ne s’épuise pas d’un seul coup d’une année sur l’autre ! Heureusement et cela permet beaucoup de souplesse dans la répartition des légumes. Il faut surtout apporter beaucoup de matière organique, ce qui va éviter l’apparition de la plupart des problèmes de carences. Et cela va aussi diminuer l’apparition de maladies, car ces deux problèmes sont liés.

Ces matières organiques peuvent être apportées sous la forme de :

  • Paillis sur toutes les parcelles (sauf celles accueillant les oignons) ou Compostage en surface
  • Apport de compost bien décomposé (mieux toléré par tous les légumes)
  • Apport de compost à moitié décomposé (accepté par les courges, les tomates…)
  • Culture d’engrais verts rapides sur toute parcelle qui se libère
  • Penser à la jachère : laisser se reposer une parcelle pendant une année entière en y faisant pousser une succession d’engrais verts

Pour terminer, je vais vous proposer 3 façons de gérer les rotations dans votre potager.

1. Une méthode de rotation assez simple :

En tenant un cahier de jardin, faites tourner vos cultures en appliquant ces quelques principes (sauf,  bien sûr en cas de maladie importante l’année précédente) :

– rotation assurément pour les pommes de terre et les brassicacées (choux…)
– si vous pouvez : rotation pour les liliacées et les carottes
– pas obligatoire : pour les légumineuses
– aucune rotation pour les légumes « intercalaires » : légumes feuilles, betteraves, légumes fruits, cucurbitacées

2. Si vous n’avez constaté aucune maladie grave, voici une règle facile :

Remplacez un légume-feuille par un légume-racine et vice-versa.Faites comme vous voulez pour les légumes-fruits et les légumes-grains.

3. C’est encore trop compliqué ?

Essayez simplement au feeling de ne pas remettre un légume au même endroit que l’année dernière, c’est tout.